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 L'homme de ma vie a les yeux verts

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Souny Odescalchi

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Messages : 1
Date d'inscription : 11/05/2017

MessageSujet: L'homme de ma vie a les yeux verts    Dim 23 Juil - 18:39

Je voudrais des nouveaux souliers. J’en ai vu hier. Plusieurs, si beaux, si jolis. Ça me ferait des belles jambes, un fessier attrayant. Un profil tape-à-l’œil. Je veux dire, je ne veux pas n’importe quel soulier. Des escarpins, peut-être. Ou des chaussures avec des talons. Mais maman n’aime pas quand je porte ce genre de souliers. Elle dit que ce n’est pas pour mon âge. Qu’elle peut en porter, elle, parce que c’est décent pour une femme. Pas pour une jeune fille comme moi.

Alooors, je vais donc demander au père de me donner un peu d’argent de poche. Lui qui craint tant que je dévoile une partie de ses secrets à sa tendre et mortelle épouse, il ne peut rien me refuser. J’éclate de rire et enfourne un suçon dans ma bouche. L’entreprise s’est avérée plus difficile que prévue, considérant la quantité de sucreries que j’ai entassée dans les poches de ma veste. Bonbons et jujubes tombent sur le sol. Je grommelle un peu.

Je me penche, ramasse le tout, ça glisse, ça m’échappe. Je grogne un peu plus. Puis, une fois que tout est en ordre à nouveau, je me redresse. Il faudrait peut-être traîner un sac la prochaine fois…

Devant moi se dresse un grand édifice vitré, haut de plusieurs étages, qui domine les environs. Papa avait sans doute besoin de prouver sa virilité et d’épater la galerie en finançant la construction d’un immeuble aussi vaste. Il aime bien ça, impressionner les autres. Surtout sa femme.

Tous les employés me connaissent et me saluent poliment. On dirait un bureau de fonctionnaires, tout à fait normal, voire banal. Pauvre maman. Elle ne se doute vraiment de rien. Je me dirige vers l’ascenseur, bifurquant vers le comptoir des secrétaires, lesquelles me tendent, comme à l’habitude, des poignées de bonbons. J’ai souvent envie de sucre. Toujours en fait. Je dois éviter les craving. Sinon, je ne me contrôle plus. Et ça, il faut prévenir ça.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrent à mon approche et un homme s’y engage. Je m’y précipite avant que les portes se referment. Le dude fige en me voyant. Je le salue d’un hochement de tête, puis le détaille des pieds à la tête. Pas pire. Pas pire. Je n’arrive pas vraiment à déterminer son âge. Un peu plus vieux que moi, mais pas tant. Cheveux bruns, Courte barbe. Veston de cuir. Un style un peu rocker. Ses yeux verts pâles sont vraiment envoûtants. J’adore les yeux verts. J’accroche toujours sur les hommes aux yeux verts. Toujours. Je le gratifie d’un petit sourire enjôleur et retire le suçon de ma bouche.

- J’aime bien tes yeux.
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Raquel

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Messages : 1
Date d'inscription : 09/05/2017

MessageSujet: Re: L'homme de ma vie a les yeux verts    Dim 23 Juil - 19:46

Je la vois entrer dans l’ascenseur en même temps que moi. Non, non, non! je pense. C’est ma journée de congé. Je ne suis pas censé la voir. Enfin, je dis congé parce qu’en général, c’est mon boulot de la surveiller de plus ou moins près pour qu’elle ne se mette pas les pieds dans les plats, ne se fasse pas tuer ou ne dise pas la mauvaise chose à la mauvaise personne. C’est épuisant, parce qu’elle semble avoir un don pour tout ça. Aujourd’hui, c’est une simple filature que j’ai au programme. Peut-être une exécution, ça dépendra de ce que révèle la filature. Ça fait un moment que le patron, le père de la petite, soupçonne un de ses partenaires d’affaires de jouer sur les deux tableaux et il en a assez de douter; il veut être certain. Rien de compliqué, bien simple. Mais il faut que je passe dans son bureau avant de partir, pour les détails. Mais la môme s’est invitée dans mon ascenseur. J’essaie de poser mes yeux sur le panneau de contrôle quand je choisis le dernier étage et je l’y laisse obstinément. Évidemment, elle va voir son père. Du coup on a toute la montée à faire. Je pense à ressortir et à prendre le suivant, mais je n’aime pas perdre du temps.

« J’aime bien tes yeux. » qu’elle balance.

Douze. Je me retiens de faire rouler mes yeux dans leurs orbites. Ça fait douze fois qu’elle me dit ça mot pour mot. Bien sûr elle ne sait pas que ça fait plusieurs fois. Elle ne sait pas qu’elle se répète à la même personne à chaque fois. Alors tout ce que je peux faire, c’est marmonner « merci » entre mes lèvres. Si j’avais eu le look d’un tueur aujourd’hui, j’aurais peut-être pu me permettre de l’envoyer bouler rapidement, mais j’ai opté pour une allure un peu classique aujourd’hui, quelqu’un qui se fondra bien dans le décor du quartier où je m’en vais. Un mec comme il y en a des tas; un peu beau gosse mais pas trop. Tranquille, pas bruyant, mais poli. Je ne veux pas me faire remarquer. Mais les yeux… C’est que je ne croyais pas la croiser aujourd’hui. Comme je ne suis pas censé la connaître, je lui demande à quel étage elle va. Elle me confirme rapidement ce que je savais déjà. Pourvu que ça en reste là. Je n’ai pas la tête à la conversation. Encore moins à une conversation qu’on a déjà eu cent fois.

Dans les premiers dix étages, plusieurs personnes entrent et sortent de l’ascenseur, mettant une distance bien appréciée entre elle et moi. Mais le nombre de personnes qui ont affaire directement au boss ne sont pas si nombreuses que ça et pour la moitié de la montée qui reste, je ne m’attends plus à croiser qui que ce soit. Je sors mon téléphone de ma poche, pour faire mine de prendre un texto. Ce n’est pas assez long. Je fais mine de prendre mes messages. En fait je les prends d’une oreille discrète : ce sont de vieux message. C’est seulement pour avoir l’air occupé.

Du coup de l’œil, je la voie qui se balance légèrement d’un pied à l’autre, la main qui va de temps en temps dans sa poche pour amener un bonbon jusqu’à sa bouche. L’enfant d’un vampire a toujours une sorte de rage incontrôlable pour un aliment. J’en ai rencontré plusieurs dans ma vie. La viande crue et l’alcool sont les obsessions les plus courantes. Pour la môme, ce sont les bonbons. Je me souviens qu’un soir, le boss m’a confié qu’il dépensait probablement plus par année en nettoyages chez le dentiste pour sa fille que pour un contrat comme celui que je vais gérer aujourd’hui. Bref, qui aurait cru que de s’occuper des dents de quelqu’un pouvait être plus cher que de faire filer et tuer quelqu’un? Je devrais me recycler comme dentiste, je pense en ne pouvant pas empêcher un léger sourire de se former sur mes lèvres.
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